La situation en Béarn étant des plus précaires j'ai laissé les estives pour prendre la plume.
J'ai envoyé hier (23 mai 2005) ce papier à quelques journaux, j'ai reçu 2 réponses (peut être ben oui, peut être ben non)
Je ne suis pas une pointure du réseau ours mais y participe depuis un bout de temps aussi je me permets de m'exprimer .


Le problème du célibat en Béarn chez les ursidés

On dit qu’il y a de plus en plus de célibataires en France, qu’en est-il chez les ours du Béarn ?
C’est à cette question à la fois cruciale et saugrenue qu’une enquête des plus sérieuses tente de répondre.
La recherche fut des plus tortueuses et difficiles car le sujet est sensible et les « gens »du coin, pudiques, sont plutôt avares de confidences.

Prenons par exemple un individu 100% béarnais appelé Aspe Ouest ( je vous l’accorde ce nom est ridicule).
On prétend qu’il a la trentaine mais rien n’est moins sûr . Derrière le zinc du comptoir , devant un café noir, il avoue :
« au début j’ai fait comme les anciens, j’ai écumé tous les bals de la région,
Lees Athas, Lescun, Bedous, Etsaut , Laruns …. Pas une donzelle, déjà que la zique était pas terrible … l’accordéon et la musette c’est pas mon truc…….. Non je vous le dis ,c’est pas une vie. »
On ose à peine le questionner sur l’ avenir ……il fait demi- tour , son arrière train
ondule comme une série de vagues à faire pâlir un surfeur d’Hossegor et il disparaît aussitôt du bistrot.

Un autre adulte, Camille ( au moins ça fait plus sérieux) un quinqua plutôt proche de la retraite mais on n’a pas osé lui demander.
On dit qu’il a vécu il y a une dizaine d’années avec Claude mais celle ci fut victime
d’un coup de pétoire qui l’envoya rejoindre aux cieux sa cousine la grande ourse.
Notre malheureux veuf quitta les vertes vallées béarnaises pour les arides sierras espagnoles. L’individu malgré son pelage, une vraie houppellande, promène encore sa mine déconfite :
« là-bas pour l’amour c’est pire que le désert de Gobi, mais bon, le gîte et le couvert (côtes d’agneau à volonté) sont vraiment pas chers , alors que voulez –vous à mon âge….
Et notre hidalgo d’adoption de regagner les hauteurs à la recherche d’une improbable dulcinée…

Néré, ( celui là malgré son nom vient de Slovénie) un adulte plein de sève qui est arrivé récemment dans le secteur.
Il a rencontré Cannelle ( prénom d’une douceur exquise) qui était en ménage avec le caïd du moment , un certain Papillon ( voir plus loin)
Mais Papillon avait perdu de sa superbe ; devenu le cacique de la vallée il dut céder rapidement devant le noiraud.
Le slave n’étant pas du genre à partager , écarta les éventuels prétendants de sa grosse patte. Un petit est né de leur union.
Mais voilà que le 1er novembre arrive avec son cortège de souvenirs et la belle Cannelle se fait flinguer , elle aussi, à croire qu’il s’agit d’une coutume dans la région.
De cette funeste journée , notre fier mâle en sort anéanti.
On dit qu’il circule tout azimuts tel un jouet qui aurait perdu sa notice. Les beaux jours arrivant, ce n’est même pas la peine de l’approcher car son humeur est des plus massacrantes.

L’ado ( nous l’appellerons ainsi car mineur, il doit être protégé).
Fils de Cannelle et de Néré , a été privé très tôt de l’ affection de sa maman.
Son papa passablement déprimé oublie ses devoirs les plus élémentaires, notre galapiat
se retrouve seul et quand on sait la propension qu’ont les jeunes à faire des bétises, on peut imaginer le pire.
Il erre à présent tel un fantôme, seuls quelques rares fins limiers ont aperçu sa trace, c’est un marginal à la chevelure hirsute et de peu de manières.




Les disparus.
Pyren, ( dès fois qu’il viendrait des Alpes) Chocolat ( originaire d’Oloron ?)
Ces deux là ,les rumeurs les plus folles circulent à leurs sujets, l’un deux aurait troqué son habit pour Aspe Ouest , ils seraient morts ou pire encore auraient mis fin à leurs jours.
L’enquête n’a pas permis d’élucider ce mystère qui occupe les longues soirées d’hiver devant l’âtre.

Papillon ( tout de même un lépidoptère avoisinant les 200kg à son poids de forme !) avait une régulière : ‘Cannelle’.
Mais à l’arrivée du vigoureux Néré, a du quitté la contrée pour un département voisin.
L’exil fut tristounet, la solitude fut sa nouvelle compagne et notre vieillard disparut ,ce qui laissa penser que lui aussi aurait mis fin à ses jours.
Néanmoins on retrouva la dépouille. Le médecin l’examina longuement, constata qu’il avait du plomb aux fesses mais vous en conviendrez pour mourir de la sorte c’est aussi peu élégant que maladroit. On écarta l’hypothèse du suicide .Verdict : mort naturelle.


De cette étude, on constate aisément que ces pauvres bêtes sont complètement déboussolées sans représentants de la gente féminine.
Aussi, avant qu’elles ne perdent totalement la raison, il est temps de déclencher un plan de grande envergure .


Faites quelque chose messieurs les décideurs : ourse secours !!


Jean -François GLEYZE